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Les langues d'Alsace et de Moselle


L'Alsace et la Moselle germanophone forment les régions rhénanes de la France et allient deux langues :


La langue de la région
Depuis 15 siècles au moins, on y parle des dialectes alsaciens et lorrains, on y utilise largement l'allemand littéraire ou standard, langue commune à toute l'aire germanophone, utilisée par plus de 95 millions d'Européens.

La langue régionale est donc à deux composantes: "l'alsacien" et le "Platt" (dialectes), langue orale et l'allemand standard, langue écrite. Ce sont deux formes d'une même langue: l'allemand.

La langue nationale
Le français. Elle est commune à tous les citoyens français et est parlée par environ 65 millions d'Européens.
frontière
Les dialectes alsaciens sont de deux sortes
le francique rhénan palatin (cf. Pfalz) au nord de la Forêt de Haguenau (Unterland, Outre-Forêt) et le francique rhénan lorrain en Alsace Bossue,

l'alémanique et ses variétés du sud vers le nord (haut-alémanique, bas alémanique)


Les dialectes mosellans
Le Lothringer Platt. En Moselle germanophone, on parle des dialectes franciques (francique rhénan, francique mosellan). C'est pour cette raison que l'on parle aussi de Lorraine francique.

Au Palatinat, en Hesse, en Franconie, en Sarre (R.F.A.), au Luxembourg, en Belgique (région d'Arlon), on parle le francique.

L'alémanique est parlé au Pays de Bade, dans le reste du Bade- Wurtemberg, l'Allgäu (R.F.A.) en Suisse germanophone (alémanique) avec le "Schwyzerdütsch",

au Vorarlberg autrichien. Le Lac de Constance baigne des terres alémaniques.

Ainsi, les deux langues présentes en Alsace et en Moselle, le français, et l'allemand sous ses deux formes, sont des langues internationales.

Les germanophones d'Alsace et de Moselle forment sur un territoire bien précis, la "minorité" germanophone la plus importante d'Europe.
 Der elsässische Sprachraum

limite


Comme toute langue qui s'enrichit, les dialectes ont, en l'intégrant dans leur système phonétique, emprunté tout un vocabulaire:

au français
- des termes de politesse (bonjour, merci, salut...)
- de l'architecture et de l'habitat (balcon, perron, plafond, commode, fauteuil...)
- de l'habillement (blouse/Blüs, chaussette, ceinture, cache-nez, foulard...)
- les moyens de transport (auto, vélo, camion, trottinette)
- les jurons (nom d'une pipe/numdebibb, num de die/nom de Dieu, saperlipopette/saperlott...)
- des verbes (schanschiere/changer, bougiere/bouger...)
La plupart de ces emprunts sont intégrés dans le système phonétique germanophone (barabli/parapluie que l'on retrouve au Pays de Bade et au Palatinat), büschi/bougie, büddik/boutique, d'mekanikle frein à main des chariots...) D'autres ont gardé la prononciation française (collège, infirmière, vidange...)

à l'anglais
Ces emprunts apparaissent au début du XXe siècle et concernent le sport, surtout le football. Sur les stades, on dit toujours, gool (goal), goolman (gardien de but), händs (hands), faul (foui), schutte (to schoot), hafzenter (half-center), corner.....
Tous les termes anglais se trouvant en français ou en allemand s'y ajoutent et actuellement l'informatique apporte un nouveau vocabulaire.

à l'hébreu
La communauté juive alsacienne, l'une des plus importantes de France en 1789, parlait le judéo-alsacien, un alémanique agrémenté d'hébreu et de francique. Des hébraïsmes sont passés dans les dialectes: Bajes (bicoque), maschugge (fou) Gschlamassel (confusion, désordre)... On en retrouve aussi en allemand standard.

Variétés dialectales et allemand standard

dialectes allemands dans leur ensemble

dialectes d'Alsace allemand standard
Bruder, Bruader, Brouder, Brauder, Bruider, Brüeder Brüeder, Bruder, Broder der Bruder (frère)
Mäken, Maichen, Mädchen, Maidel, Maidli, Diandl, Deernu... Maidel, Maidle, Maidla das Mädchen (fille)
Hafner, Töpfer, Pottbäcker, Hofner, Porter, Hofner, Häffner Hafner, Hofner der Töpfer (potier) der Hafner
Erdäpfel, Kartoffel, Grumbeere, Bodabirra, Erdbirne, Bumser... Grumbeere, Erdàpfel Ardapfel, Hardapfel

die Kartoffel (pomme de terre), der Erdapfel

Pferd, Roß, Gaul, Perd Roß, Gaul, Perd das Pferd, das Roß (cheval), der Gaul
Zicke, Ziege, Zääg, Heppe, Geis, Goas, Butsch, Hitte Geis

die Ziege (chèvre)

die Geis

Pilz, Pülzke, Porgen, Schwamm, Kochel, Teufelskappe, Huckel, Champignon Schwammel, Champignon, Pelz, Eiderling der Pilz
(Champignon)
Zapfen, Stoppel, Korken, Proppen, Kurks, Bunden, Stoppen      Zapfe, Bunde, Stoppert, Bùschung der Flaschenkorken (bouchon)


PARLONS DE LANGUES

Hier wird kurz erläutert, was man unter einer Sprache, einem Dialekt oder Mundart, einem Patois, einer Umgangssprache, Muttersprache, einer Kultur, einer elsässischen oder lothringischen Kultur versteht. Man soll auch wissen, daß wenn man von untergeordneten Sprachen spricht, es an Rassismus grenzt. Die Erklärungen sind nötig, da man in Frankreich mit den Begriffen Mundart und Sprache und Kultur und ihren Umgang oft Schwierigkeiten hat.


Une langue

C'est un système organisé et cohérent permettant d'exprimer sa pensée, ses sentiments. Elle appartient en commun à un groupe de personnes.
Souvent on appelle langue, par rapport aux dialectes, la langue officielle, nationale, servant de langue de communication internationale et interrégionale. Elle est unifiée, codifiée par les grammairiens. C'est alors une langue standard comme la langue française issue du dialecte de l'Ile-de-France ou l'allemand littéraire ou standard.

Langue maternelle

C'est la langue apprise, dès le berceau, de sa mère, de ses parents, de la famille au sens large du terme, de l'entourage. Elle est aussi la langue du pays natal, de la région.

Langue véhiculaire

Elle représente une langue de communication entre des groupes humains dont la langue maternelle est différente.

Langue vernaculaire

C'est un langue propre à un pays. Elle peut être un dialecte, ou des dialectes et leur langue standard.
Un francophone est une personne dont le français est la langue usuelle, pour le germanophone, c'est l'allemand. Un dialectophone est un individu dont la langue originelle est un dialecte. Les dialectophones d'Alsace ou de Moselle sont des germanophones. Les langues française et allemande font partie des langues indo-européennes.

Qu'est-ce qu'un dialecte ?

C'est la variété régionale d'une langue. Il est lui-même composé de variantes locales. Il en existe dans toutes les langues. Un dialecte peut se retrouver par delà les frontières politiques. Les dialectes ne sont pas des parlers dégradés. Ils sont antérieurs aux langues standards ou officielles. Les dialectes font partie d'une certaine aire linguistique.
Ils composent la langue quotidienne, celles des rapports humains, possèdent une grande vitalité, une littérature, sont ainsi un véhicule, surtout oral, de l'activité intellectuelle.
Un patois est un dialecte dégradé, employé dans des zones très restreintes, sans production littéraire comme celle des dialectes. Il n'est pas capable d'emprunts, ni de production d'un vocabulaire neuf.

Des langues inférieures ?

Prétendre qu'une langue est plus belle qu'une autre, prétendre qu'une langue est inférieure à une autre sont des affirmations qui ne relèvent pas d'une démarche scientifique, c'est attenter à la dignité de ceux qui parlent cette langue. C'est une preuve d'ignorance, de racisme.
Une langue, une culture ne peuvent être rendues responsables des méfaits et crimes commis par certains de leurs locuteurs, créateurs ou utilisateurs.

Que faut-il entendre par culture ?

On appelle culture tout l'environnement intellectuel, spirituel, social des hommes. C'est une qualité de vie et une créativité constante.
Elle présente deux aspects:
- une expression philosophique, littéraire et artistique, une forme élitaire, celle de l'homme dit instruit.
- une expression populaire, fondée sur l'expérience communautaire, avec la transmission des traditions, us et coutumes, les chansons et la littérature populaires, les croyances religieuses et leurs manifestations adaptées au milieu, des techniques artisanales ou rurales.   
Ces deux aspects sont complémentaires et s'enrichissent mutuellement. Le premier tend vers l'universel, le second enracine les hommes dans leur communauté. Si l'un vient à manquer, la culture s'étiole.
"La langue est une culture par essence" (André Weckmann)
Chaque groupe humain parlant une langue a créé une culture spécifique.

La culture alsacienne

André Weckmann a développé sur ce thème une large réflexion que nous utilisons.

La culture alsacienne n'est pas seulement la culture en dialecte, ni une production entièrement francophone, ou en allemand standard. Elle n'est pas un repli nostalgique, sécurisant sur le "bon vieux temps", ni un mauvais folklore.

Elle représente une situation culturelle vécue en Alsace dans toutes les dimensions linguistiques, artistiques et psychologiques de la région.

Sur un même territoire, elle est le prolongement de la culture française et de la culture allemande. Elle a ainsi vocation de réunion, non d'exclusion.

C'est notre manière d'assimiler les deux cultures et de les fondre en un ensemble original.

Elle dépasse les contradictions issues de cette cohabitation.

Elle comprend l'art populaire, les traditions et l'utilisation du dialecte, mais aussi tous les grands courants de pensée, d'expression, de création littéraire, artistique, auxquels les Alsaciens ont participé ou participent toujours.

Elle est une culture de la tolérance, du respect des différences, de la convivialité.

Elle n'est ni une culture minoritaire, ni restrictivement régionale, puisque ses deux langues, et leurs trois expressions, sont des langues internationales.

Elle possède une dimension internationale et tend comme toute culture à l'universel. Elle se veut à la fois enracinement et ouverture sur le monde. Elle est ainsi une culture d'avenir.

L'HISTOIRE LINGUISTIQUE EN QUESTIONS

Diese Geschichte der Sprache im Elsass und in Ost-Lothringen soll, in einem Frage-Antwort Spiel, Aufschluß über die Herkunft, den Reichtum unserer Sprache, die sprachliche Entwicklung bis nach dem Zweiten Weltkrieg geben. Bis 1648, war das Elsass bis auf einige Gegenden in den Vogesentälern (Breuschtal, Weißtal, Westteil des Sundgaues und des Territoire de Belfort, welches bis 1870 zum Elsass gehörte, deutschsprachiges Land. In Ost-Lothringen wurde im XVIII. Jht. der "Baillage d'Allemagne" abgeschafft.

Nach und nach floß die französische Sprache und Kultur ein, sodaß im XIX. Jht das elsässische und ost-lothringische Bürgertum zweisprachig wurde. Die französische Revolution hat das Konzept, welches die Nationalisten lieben "Eine Nation, also eine Sprache" geprägt. Die deutschen Nationalisten drehten den Spieß um: "Eine Sprache, also eine Nation". So gab es dann im Elsass und in Ost-Lothringen sprachliche Wechselbäder.

Il ne faut jamais confondre la Gaule de l'Antiquité et la France actuelle. La France qui porte le nom d'un peuple germanique, les Francs, comme les Alamans ont donné leur nom à l'Allemagne, a été édifiée grâce à des conquêtes, des mariages par les rois de France, les révolutionnaires et les empereurs. C'est au XIXe siècle, au temps des nationalismes grandissants, qu'apparaît vraiment, surtout après 1870, le mythe de l'origine unique, de l'origine gauloise des Français, pour l'opposer aux Germains, aux Allemands.
Nos noms sont le plus souvent d'origine allemande. Des citoyens français les portent, comme d'autres des noms bretons, basques, corses ...ou berbères. L'histoire est passée par là. La France est un pays où vivent plusieurs langues et cultures, à côté de la langue française.

Mais alors les Gaulois ?

L'école nous a appris "Nos ancêtres les Gaulois". Les Alsaciens et les Mosellans ne sont-ils pas des Gaulois?

Mais les noms de famille, des localités ou du relief ne sont pas pour la plupart d'origine française. C'est contradictoire.

Les peuples gaulois ne forment qu'une partie d'un ensemble plus vaste: les Celtes. A partir du VIIIe siècle av. J-C., l'Alsace et la Moselle font partie des territoires celtes qui s'étendent en gros de l'Autriche, de l'Allemagne méridionale, de l'Italie du Nord actuelles jusqu'à l'Océan Atlantique et aux Iles Britanniques. Les Celtes, et leurs prédécesseurs, nous ont laissé, en plus des belles trouvailles archéologiques, l'un ou l'autre nom de lieux-dits (Donon, Brumath, Seltz, Colmar) ou de cours d'eau (Thur, Fecht, Zorn, Moder, Bruche, Rhin...).

Où sont les Romains, les Germains ?

Les Romains se sont installés en conquérants chez nous. Ils ont apporté leur langue, le latin, et leur civilisation. Au Ier siècle av. J-C., des tribus germaniques viennent s'installer en Alsace. A l'appel d'un peuple Celte, Jules César remonte du sud, avec ses légions, pour les refouler. Il bat en 58 av. J-C. Arioviste et ses troupes. Pour quatre siècles, du 1er au IVe, l'Alsace et la Moselle deviennent romaines et vivent sous l'autorité de Rome.

Le latin s'impose, d'abord comme langue de l'administration, puis peu à peu comme langue de communication. La langue celte etdes parlers germaniques se maintiennent plus ou moins dans l'usage.

Par ailleurs, des Germains, en groupes plus ou moins importants, continuent de s'installer en Alsace, notamment les Alamans à partir du IV e siècle.

A quel moment apparaît l'alsacien ?

C'est au Ve siècle que les Romains quittent définitivement nos régions au moment des "Grandes Invasions", "die Völkerwanderung". Les Alamans les ont repoussés. Ceux-ci s'implantent massivement dans la plaine du Rhin. Autre peuple germanique, les Francs venus du Rhin inférieur, soumettent les Alamans et s'installent en Moselle, dans l'Est et le Nord de l'Alsace actuelle qu'ils vont diriger. Alamans et Francs ont apporté leur langue.


L'origine de la langue régionale se situe en Alsace et en Moselle aux IVe, Ve siècles, époque du peuplement Alaman et franc.


Les Alamans ont aussi peuplé le Pays de Bade, une grande partie de la Suisse, du Vorarlberg autrichien actuels etc. Les Francs dominent la majeure partie de la France, de l'Ouest de la R.F.A., le Luxembourg et la Belgique contemporains.

Des noms de familles

Nos noms de famille sont nés au Moyen Age et au début des Temps Modernes. Beaucoup sont des noms de métiers. Nous trouvons des Muller, (meunier), des Schmitt ou Schmidt etc. (forgeron), des Zimmermann (charpentier), des Schreiner (menuisier), des Dillenseger (scieur de long), des Meyer (paysan représentant le seigneur), des Hueber (paysan libre avec une tenure), des Bauer (paysan), des Schaffner (intendant, comptable, fonctionnaire des impôts) des Spengler (travaillant le métal) etc. Les Bertrand, Dahlet etc. sont des noms de huguenots ayant fui les persécutions religieuses du royaume de France.

et de localités

français
dialecte
allemand standard
Sarre-Union Buckenum Bockenheim
La Petite-Pierre Lützelstein (de lützel petit) Lützelstein (little en anglais)
Sélestat

Schlettstadt

Schlettstadt
Ribeauvillé Rappschwihr Rappoltsweiler
Saverne Zawere Zabern
Strasbourg Stroßburi Straßburg
Obernai Ewernai Oberehnheim
Geispolsheim Geispitze Geispolsheim
Zellenberg Zellebari Zellenberg
Masevaux Masmenschter Masmünster

 

 

D'après les linguistes, entre autres, Brumath (Brocomagus), Seltz (Saletio) Colmar (Columbra, Columbarium), l'ancien nom de Strasbourg, Argentorate (Argentoratum) sont d'origine celte, Saverne (Très Tabernae) d'origine romaine.


Pour quelles raisons parle-t-on alors le français en France ?

Les Francs ont adopté la langue des Gallo-romains à peu près à l'Ouest d'une ligne qui suit la crête des Vosges jusque dans la région de Sarrebourg et qui se dirige ensuite vers la frontière belge et luxembourgeoise actuelle.

Avec beaucoup d'apports germaniques, le gallo-romain, une variété de latin, donnera naissance au roman, puis au français.

Quelques exemples de vocabulaire français d'origine germanique :

blanc (blank), la bière (das Bier), le brandon (der Brand) l'écrou (die Schraube), la choucroute (en dialecte Sürkrüt, das Sauerkraut), escarpé (scharf), l'escrime (schirmen), espiègle ( Till Eulenspiegel), la falaise (der Felsen), la gerbe (die Garbe), la guerre (en francique werra, cf. l'anglais the war), héberger (die Herberge), le huguenot (die Eidgenossen), le lansquenet (der Landsknecht), la mésange (die Meise), riche (reich), le rat (die Ratte), le roseau (das Rohr), la quenelle (der Knödel) etc.

 

Que se passe-t-il à l'est de cette ligne ?

A l'est de cette ligne, en Alsace, en Moselle francique, au Luxembourg, en Sarre, au Palatinat etc., ce sont les parlers germaniques qui dominent. Tout d'abord, ils coexistent avec les langues des anciens occupants du pays (gallo-romains), puis s'affirment définitivement

comme langues de nos régions au VIIe et au VIIIe siècle. Leur usage devient alors général. Le francique s'établit en Alsace du Nord (Unterland, Outre - Forêt), en Alsace Bossue, en Moselle germanophone (francique rhénan jusque vers Bouzonville, le francique mosellan ensuite comme au Luxembourg, en Belgique). L'alémanique se divise en deux grandes branches: le haut-alémanique dans le Sundgau comme en Suisse, le bas-alémanique et ses variantes environ de Mulhouse jusqu'à Haguenau.


Ces dialectes sont parlées au moins depuis 15 siècles en Alsace et en Moselle germanophone. Ce sont des parlers allemands.


Que se passe-t-il avec le latin ?

C'est dans des vallées vosgiennes que se maintient la langue des gallo-romains. On y parle encore aujourd'hui un dialecte roman (canton d'Orbey, vallée supérieure de la Bruche, fond du Val de Ville). Quelques communes du Sundgau occidental sont depuis toujours francophones, tout comme le Territoire de Belfort qui faisait partie de l'Alsace jusqu'en 1870. Par l'extension du christianisme avec ses fondations de paroisses et de monastères (monasterium, Munster), le latin se maintient dans l'usage ecclésiastique. Il devient la langue des clercs, des moines, des chroniqueurs, des savants, et des textes officiels. Longtemps, seuls les clercs savaient vraiment lire et écrire. Ainsi le "Hortus Deliciarum" de l'abbesse Herrade de Landsberg est un livre de formation pour les jeunes moniales du monastère du Hohenburg (Mont Ste Odile).

Le latin s'écrit, va-t-il rester la seule langue écrite ?

A partir du VIIIe siècle, l'ancien allemand devient une langue littéraire. L'empereur Charlemagne, Karl der Große, qui parlait le francique, veut que ses sujets entendent l'Evangile dans leur langue, soit l'ancien français, le roman, ou l'ancien allemand. C'est ainsi que le moine Otfried compose, vers 860, son "Evangelienbuch" au monastère de Wissembourg.
Les Serments de Strasbourg de 842 sont bilingues (roman/ancien français, ancien allemand). Ils sont les témoins de l'évolution linguistique. Les soldats de Charles le Chauve venant de l'Ouest des Vosges ne comprennent pas ceux de Louis le Germanique.

Et ensuite ?

Jusqu'au XVIIle siècle, toute la littérature en Alsace et en Moselle germanophone fait partie de la littérature de langue allemande. Les deux régions étant entrées au début du Haut Moyen Age dans l'aire linguistique et culturelle germanophone.

En Lorraine germanophone, l'administration religieuse utilise l'allemand dans les localités franciques et la langue romane dans les autres. Une juridiction particulière existe pour les affaires opposant des sujets du Duc de Lorraine de langues différentes. Pour les pays de dialectes franciques, l'administration ducale crée au Moyen Age le "Baillage d'Allemagne" où la langue allemande devient langue officielle.

Bien sûr, ce n'est pas l'allemand moderne, la langue écrite évolue tout comme cela se passe pour le français. Au Moyen Age existe une forme écrite le Mittelhochdeutsch. Des influences littéraires ou de vocabulaire venant du monde francophone apparaissent. Le poème "Tristan und Isolde" de Gottfried ou Gotfrit von Straßburg est très représentatif de cette situation.

Au cours de l'histoire, le Rhin n'a pas été une frontière des langues

L'évolution historique le montre: on parle sur ses rives, liées par la civilisation rhénane, des dialectes "étroitement apparentés" affirme le professeur Raymond Matzen. La compréhension est très large, ce sont les mêmes dialectes.

Par exemple, au Pays de Bade, il est question du "Schmutziger Donnerstag" ou "Dunnerschdi" lors du Carnaval. En Alsace, aussi, "Schmutz" signifie la graisse.

D'où vient la langue écrite, l'allemand standard ?

Une forme écrite de notre langue, celle du Rhin supérieur, a été du Xlle au XVe siècle, grâce à des écrivains et troubadours renommés, la plus prestigieuse des formes écrites de la langue allemande.

Une nouvelle forme écrite se répandra pour des raisons politiques, les administrations (chancelleries) des divers Etats allemands tendaient dès le XVe siècle vers une unification, des raisons économiques et religieuses ont renforcé cette évolution. Les imprimeurs la souhaitent pour mieux diffuser leurs ouvrages. Luther, ayant traduit la Bible en allemand en 1522, le succès de cette traduction fait que cet allemand, issu de la langue écrite de la chancellerie de l'Electoral de Saxe et des dialectes thuringiens et saxons, va servir de base à la langue écrite de la Réforme. Il s'imposera après 1525, comme langue écrite de toute l'aire germanophone, comme "Hochsprache" ou "Schriftsprache". Cette langue deviendra l'allemand littéraire moderne.


Vers 1525, les imprimeurs alsaciens vont cesser de se servir de leur allemand alémanique au bénéfice du nouvel allemand littéraire.


Les auteurs et les grandes villes, en Alsace comme ailleurs, vont s'y rallier rapidement. Goethe et les écrivains de son temps vont achever l'œuvre d'unification sur le plan littéraire. C'est progressivement que s'est fait le passage des dialectes au "Schriftdeutsch". Cette langue prendra le nom de "Hochdeutsch", d'allemand littéraire ou standard. Mais les dialectes continueront à être parlés. Ils seront la langue quotidienne, la "langue du cœur", la langue du peuple, parfois la "langue-refuge".

C'est alors un pays de langue allemande que Louis XIV a conquis ?

"Si de nos jours, l'Alsace (et la Moselle) lient une place à part à la fois dans les ensembles linguistiques et culturels français et allemand, il n'en a pas toujours été ainsi. Jusqu'à une époque relativement récente, elle s'intégrait pleinement dans l'ensemble allemand, au même titre que d'autres pays de langue allemande, tant par l'emploi de ses dialectes, que par l'emploi de l'allemand littéraire. A certaines époques, sa contribution a été de tout premier ordre. C'est en Alsace qu'ont été réalisés, le premier poème, le premier roman populaire, la première bible imprimée, le premier journal, de langue allemande. C'est en Alsace que Goethe et Herder entameront leurs recherches sur la culture populaire allemande. C'est donc bien un pays allemand de langue et de culture que la France annexe avec le traités de Westphalie (1648)". L'Alsace. P. Klein.

Vers 1700, l'Intendant d'Alsace, Jacques de la Grange a écrit dans son " Mémoire sur la Province d'Alsace": "La langue commune de la province est l'allemand..."

Qu'en est-il du développement du français en Alsace et en Moselle ?

C'est au cours de la deuxième moitié du XVIIe siècle que la majeure partie de l'Alsace est conquise par Louis XIV.

Avec tout le Duché de Lorraine, le "Baillage d'Allemagne" passe à la France au XVIIIe siècle.

C'est le point de départ des politiques linguistiques centralisatrices.

Les mêmes ordonnances de Louis XIV, s'appuyant sur l'édit de Villers-Cotterêts (1539), s'appliquent aux Flandres, au Roussillon, au pays thionvillois, à l'Alsace. La langue française est seule autorisée dans les actes publics et officiels. En 1748, un décret du duc de Lorraine, Stanislas, proscrit l'usage officiel de la langue allemande dans le "Baillage d'Allemagne", la remplaçant par le français.

C'est au XVIIle siècle que la langue française pénètre quelque peu les milieux nobles et bourgeois. Mais lors de la Révolution en 1789, seuls quelques 300 Strasbourgeois pratiquent la langue française.

"Les révolutionnaires jacobins ont semé les graines de l'intolérance linguistique, (cf. l'action de l'abbé Grégoire, de St Just et Lebas). Une certaine bourgeoisie, pour être à la page et du même coup dans les grâces du pouvoir, n'a pas hésité à renier le parler de ses ancêtres". Martin Allheilig.

Un concept nouveau s'étend. Il faut l'unité linguistique dans une unité politique: "Une Nation, une Langue". L'usage de la langue et le devoir de loyauté envers l'Etat ou le souverain iront dorénavant de pair.

Au XIXe siècle, les guerres napoléoniennes, puis l'école facultative introduisent la connaissance du français parmi de larges couches de la population, sans qu'il y prenne véritablement racine. La place de l'allemand se réduit à l'école primaire (35 minutes par jour en Alsace en 1853), son enseignement est supprimé en Moselle en 1865. La bourgeoisie est bilingue. Une littérature dialectale apparaîtra au XIXe siècle.

C'est aussi le temps des nationalismes. Les nationalistes allemands inverseront les termes de la devise jacobine, "Une Nation, une Langue" en "Une Langue, donc une Nation". L'Alsace et la Moselle germanophone se sentent françaises, tout en voulant garder leur langue et leur identité. Ces régions ont participé à la Grande Révolution, aux deux Empires et à leurs guerres. Ces événements ont créé des liens très puissants avec la France. Les Alsaciens et les Mosellans ont vécu le développement du nationalisme avec la France, et non avec les Etats allemands d'avant 1870.

Après 1870, les progrès du français sont freinés par l'émigration d'une partie de la bourgeoisie et par la politique du nouvel Empire allemand qui limita l'enseignement du français à l'école primaire aux seules zones francophones de l'Alsace-Lorraine. Les membres de la bourgeoisie autochtone, de nombreux administrateurs et entrepreneurs allemands immigrés apprennent le français ou le connaissent parce que les couches aisées de la société en Allemagne cultivent le français depuis le XVIIIe siècle.

carte linguistique


Quelle est la situation au XXe siècle ?

Avant 1945, entre les deux guerres mondiales, le français reprend ses progrès, tandis que l'allemand se maintient sous sa forme dialectale et par des cours d'allemand standard à l'école primaire (décrets Poincaré-Pfister 1927). Avec le temps un bilinguisme valable aurait pu prospérer. Mais le nationalisme français voyait avec suspicion tout effort entrepris pour la promotion de la langue de la région.

Durant l'annexion de l'Alsace et de Moselle par les nazis, ces derniers ont voulu extirper le français jusque dans les contrées francophones, tout comme les sentiments de fidélité à la France, par des interdictions, des expulsions, des déportations.

Après 1945, la population entière s'est mise au français. En réaction à la politique nazie. Profitant du traumatisme né de la guerre, les autorités françaises ont supprimé l'enseignement obligatoire de l'allemand, considéré comme langue étrangère, à l'école primaire. Il s'agit de la première rupture dans l'enseignement de cette langue en Alsace et en Moselle depuis le Moyen Age. Parler le dialecte à l'école, en public est très mal vu. Les élèves employant le dialecte en classe ou dans la cour de récréation sont punis, ridiculisés et cela jusque à la fin de la décennie 1970. Les dialectophones/germanophones sont culpabilisés. On enregistre alors une régression de l'allemand littéraire, puis conséquence logique, des dialectes. Mais dès 1945/46, le Conseil Général du Bas-Rhin demandait, dans une motion, la réintroduction de l'enseignement de l'allemand selon les modalités d'avant 1939 et un bilinguisme satisfaisant dans l'administration. De telles motions se succéderont régulièrement.

Quelle est la situation actuelle en Moselle germanophone ?

Le Lothringer Platt et l'allemand standard sont largement menacés en Moselle.

Dans une moitié environ du département de la Moselle, la population autochtone et certains immigrés parlent divers dialectes germaniques allant du francique rhénan à l'est, teinté de fortes influences alémaniques, au francique mosellan, au luxembourgeois vers l'Ouest ou le Nord-Ouest.
 
Wie sieht es mit der gegenwärtigen sprachlichen Lage im Elsaß und in Ost-Lothringen aus ?

Die Lage ist durch einen starken Rückgang der Hochsprache und der Mundart gekennzeichnet. Die Assimilation der jüngeren Jahrgänge schreitet fort, der Trend zur Einsprachigkeit dauert an. Die Schulverwaltung hat sich nur zu unzureichenden Maßnahmen durchgerungen. Die Schule, einschließlich der Kleinkinderschulen spielt hier eine verhängsnisvolle Rolle. Im Radio und im Fernsehen ist auch ein nochmaliger Rückgang zu verzeichnen. Viele Landsleute werden, in der Sprachenfrage durch Halbwahrheiten oder Unwahrheiten hinters Licht geführt und ihr sprachliches Bewußtsein ist beeinträchtigt Trotzdem wächst bei einer Anzahl von Bürgern, oft bei den Jüngeren, und Gewählten ein Bewußtsein, welches nicht zu übersehen ist. Fast ein halbes Jahrhundert trennt uns vom Ende des Zweiten Weltkriegs, die Mentalitäten haben sich geändert. Noch ist es für eine Umkehr nicht zu spät.
 
Dès avant le rattachement de la Lorraine à la France, une francisation par l'administration ducale a eu lieu, renforcée après la Révolution française et au XIXe siècle jusqu'en 1870. En 1918, le retour à la France a réactivé l'assimilation. En 1940, l'annexion nazie avec ses terribles brutalités et ses dénis de justice a préparé le renforcement de cette assimilation après 1945 en identifiant, dans les esprits, allemand et nazi. L'aire luxembourgeoise, quant à elle, souffre de son étendue réduite.

La culture littéraire dialectale souffre un peu en Moselle germanophone de la trop grande diversité des dialectes pour un territoire somme toute, assez exigu, car les aires dialectales se prolongent au-delà des frontières et non parallèlement à celles-ci. La production littéraire en allemand standard n'atteint plus les sommets de la première moitié du XXe siècle, celles des romans de Mungenast, d'Adrienne Thomas, de l'œuvre magistrale de Louis Pinck, "Verklingende Weisen" ou de sa soeur Angelika Merkelbach- Pinck (contes et légendes).

En 1945, l'enseignement de l'allemand fut supprimé à l'école primaire et l'atmosphère était encore plus lourde qu'en Alsace, car le département avait encore été traité plus durement par les nazis.

Les dialectes sont fortement en recul. Environ 20% des moins de 15 ans les parlent encore. La connaissance de l'allemand reste réduite.

L'édition bilingue "France Journal" du "Républicain lorrain" a disparu en 1989 (5000 abonnés à cette date).

La télévision ignore totalement aussi bien les dialectes que l'allemand standard. Il reste les émissions du Luxembourg ou de la télévision allemande.

En Moselle germanophone le manque d'un centre culturel important se fait cruellement sentir. Il y a bien sûr, Sarrebrück, dans le Land de Sarre.

Depuis 1972, 2 heures ou 2h 30 hebdomadaires d'allemand ont été réintroduites progressivement dans les Cours Moyens à l'école élémentaire sur la base du volontariat des familles et de l'enseignant, selon la méthode Holderith. Mais cela ne s'est pas fait en liaison avec une valorisation des dialectes et l'immersion linguistique ne peut se faire avec un laps de temps aussi court (moyenne théorique: 30 minutes journalières). De toute façon, ceux qui respectent la durée théorique sont une minorité parmi les enseignants.

Le passage de la Moselle en 1972 de l'Académie de Strasbourg à celle de Nancy a empêché dans la pratique un véritable suivi de cette réforme, que le brassage de la population a, dans l'esprit de l'administration, encore rendu plus difficile.

Depuis 1990, une nouvelle avancée se dessine, enseignement de l'allemand dès la dernière année de maternelle (15 minutes environ par jour), au Cours préparatoire etc. dans quelques sites expérimentaux. Emploi de méthodes pour dialectophones dans des collèges. Et près de 1000 élèves présentant l'option langue et Culture Régionales au Baccalauréat.

Au moment de l'accélération du Marché Commun et de son ouverture vers l'est, l'évolution économique attendue rend une réforme de l'enseignement d'autant plus urgente. Le droit au travail demande en Moselle comme en Alsace, un enseignement bilingue, notamment professionnel. Déjà près de 30 000 frontaliers vont travailler au Luxembourg, en Sarre, en Rhénanie-Palatinat.

Quelques villes et villages possèdent, soit quelques plaques de rues bilingues (français-dialecte), soit un panneau bilingue à l'entrée de la localité (français-dialecte). Par ex. Freyming-Merlebach, Apach...

Quelle est la situation actuelle en Alsace ?

Rappels

Depuis 15 siècles, la langue parlée comprend un ensemble de dialectes allemands (francique au Nord et au Nord-Ouest, vers la Moselle, alémanique dans le reste de la région) qui font corps avec les dialectes voisins de Suisse, du Pays de Bade et du Palatinat.

Depuis sa formation et surtout depuis la Bible de Luther, l'allemand littéraire est la forme écrite de nos parlers. Ce qui ne doit pas faire oublier les francophones des vallées vosgiennes et de l'Ouest du Sundgau.

L'annexion de l'Alsace par le Royaume de France se réalise à peu près entre 1648, fin de la Guerre de Trente Ans, et la prise de Strasbourg en 1681.

La production littéraire en allemand, de tout premier ordre au XVIe siècle, s'essouffle, mais l'extension de la langue française reste limitée à la noblesse et à la grande bourgeoisie.

Il faudra attendre la Révolution de 1789, pour que se mette en place une politique plus suivie et plus conséquente de francisation qui ne sera interrompue qu'avec la défaite de 1870 et l'annexion à l'Allemagne en 1871.

La politique de francisation reprend après 1918, dans une atmosphère de suspicion envers tout ce qui est "allemand". Nazifiée entre 1940 et 1945, l'Alsace connaîtra depuis son retour à la France une phase d'assimilation linguistique systématique. L'allemand sera vécu par beaucoup comme la langue du nazisme et le dialecte sera chargé de tous les maux. La "crise d'identité" de l'Alsace est aujourd'hui la résultante de cette histoire contemporaine qui a installé dans le subconscient de nombreux Alsaciens une série d'images négatives de l'univers germanophone.

Par une culpabilisation longue, soutenue et complexe, le dialecte est confiné à un usage restreint, familial, privé et local.

Qui parle encore le dialecte ?

Selon les enquêtes de l'INSEE (1979), celles d'ISER-CO (1989, 1992), la pratique dialectale est en net recul.

Entre 55 et 65% des Alsaciens, sur une population de 1,6 million le parlent encore. 36% des enfants (1989) entrant en maternelle sont dans le même cas. Mais les enquêtes ne permettent que rarement d'appréhender la qualité de la langue parlée, la richesse de son vocabulaire. Il n'est pas vraiment reconnu, ni utilisé, dans la vie publique.

Et l'allemand standard ?

La connaissance opérationnelle de l'allemand standard suit la même courbe. Il est possédé par les anciennes générations et une partie des jeunes qui ont fait des études secondaires.

L'existence sociale de l'allemand standard et des dialectes est remise en question.

Le Français est très répandu

II occupe une position de monopole. C'est la langue dominante dans la vie publique, économique, scolaire et possédée par la quasi-totalité des Alsaciens.

Les médias

La presse écrite

Les dispositions restrictives concernant la langue allemande dans la presse, datant de 1945, restent, malgré leur abrogation en 1984, pratiquement en place.

Les éditions bilingues (français-allemand standard) des journaux sont en recul. "L'Alsace" connaît une édition bilingue d'environ 30 000 exemplaires, (tirage total environ 150 000), celui des "Dernières Nouvelles d'Alsace" atteint les 40 000 sur un tirage total de 250 000.

Un hebdomadaire chrétien (catholique) bilingue "L'Ami du Peuple-Der Volksfreund" couvrant les trois départements connaît un tirage de 40 000 exemplaires.

"Le Messager Evangélique", hebdomadaire chrétien (protestant), est aussi bilingue et bien répandu parmi les 300 000 protestants d'Alsace.

La télévision - FR3-Alsace

La diminution globale des émissions régionales et la diminution énorme des émissions dialectales sautent aux yeux.

Un transfert des émissions dialectales restantes est effectué à des heures de faible audience (8 minutes journellement à 19 heures, une 40e de minutes le samedi. Plus d'émissions pour enfants. La station régionale ignore totalement l'allemand standard.

La radio (R.F.A. Radio France Alsace)

Les quelques émissions en allemand standard sont reléguées sur les ondes moyennes (informations en allemand), sur modulation de fréquence, le dialecte n'a que très peu d'émissions propres, son utilisation est diluée sur toutes les plages horaires. Depuis septembre 1992 il n'y a plus de dialecte sur la bande FM, mais 5 heures journalières sur les ondes Moyennes peu écoutées ou audibles.

Sur les radios privées, la présence du dialecte est effective, mais la zone d'audience de chaque radio est limitée et la qualité des émissions parfois sujettes à cau¬tion.

La création

La création littéraire s'est renouvelée, le théâtre dialectal, la chanson ont contribué à une prise de conscience de la dimension alsacienne d'une vie culturelle qui reste cependant largement dominée par la production parisienne et, sauf quelques exceptions, peu en contact avec la culture germanophone européenne.

Et l'enseignement ?

La situation culturelle de l'Alsace se caractérise par quelques avancées dans l'enseignement de l'allemand et la sensibilisation au dialecte, par une ouverture par la télévision sur la culture germanophone et par une prise de conscience des enjeux économiques, avec 60 000 frontaliers travaillant en Suisse et en Allemagne.

Par un décret de 1952, un enseignement facultatif de 3 heures est rendu possible durant les deux, puis les trois dernières classes de l'école primaire (11-14 ans). A cette date, en 1953, un référendum avait été réalisé parmi les parents d'élèves concernés. 85% d'entre eux demandent un enseignement efficace de l'allemand au primaire. Ce pourcentage se retrouvera dans toutes les enquêtes et sondages ultérieurs. En 1989, un sondage représentatif donne 94% d'Alsaciens et de Mosellans favorables à l'enseignement de l'allemand au primaire.

Mais la mise en place de cet enseignement ne dure que quelques années jusqu'au transfert de ces classes aux collèges. C'est dérisoire. C'est un échec.

En 1972, après de nombreux cours d'allemand privés "sauvages", organisés par le Cercle René Schickele, l'Inspecteur Général d'allemand Holderith obtient l'autorisation de réintroduire progressivement l'allemand dans les classes de Cours Moyen 1 et 2 (9-11 ans) avec 2h à 2 h 30 hebdomadaires. Enseignement fondé sur le volontariat des enseignants et des familles. La situation s'est profondément modifiée en 1982 grâce à la circulaire du ministre Savary et du Recteur Pierre Deyon de l'Académie de Strasbourg (juin 1982).

M. Deyon parle dans sa définition de la langue régionale de "l'allemand, une des langues régionales de France", crée une option "Langue et Culture Régionales à partir de la 4e (13 ans), veut que "chaque école élémentaire soit en mesure de dispenser un enseignement de l'allemand". On commence l'initiation à l'allemand au CE2 (8 ans) et on encourage la valorisation du dialecte en maternelle.

Toutefois ces textes réglementaires ne sont que des circulaires, non des lois et sont révocables. Ils posent un certain nombre de questions :
- tout est fondé sur le volontariat des enseignants et des familles. On refuse ainsi à la langue régionale un statut de territorialité.
- au moins deux générations n'ont pas été en contact avec l'allemand et les contraintes envers la langue régionale ont laissé leurs traces.
- 2h ou 2h 30 toutes théoriques ne suffisant pas à fournir un bain, une immersion linguistique. Elles ne permettant pas une connaissance opérationnelle de l'allemand.
- à part un accueil et quelques plages dialectales, la maternelle est exclue de l'initiation à l'allemand.
- les dispositions de la circulaire Savary, permettant de véritables classes bilingues, à parité de langue, ne sont pas reprises en Alsace.
- toutes ces dispositions ne peuvent enrayer le recul de la langue régionale.  

D'excellents manuels pour les dialectophones et francophones des classes de Cours Moyens, du collège sont produits, notamment par André Weckmann et son équipe.

Des nouveautés

Par ailleurs, devant le refus de l'administration scolaire, des parents d'élèves se sont réunis depuis 1990, ont créé une association - ABCM - Zweisprachigkeit - et ont ouvert plusieurs classes maternelles associatives (100 élèves) soutenues notamment financièrement par les communes concernées, les Conseils Généraux, le Conseil Régional, la Commission de Bruxelles, des fondations, Bosch, H. Niermann, l'Institut Goethe, la Représentation permanente de la RFA auprès du Conseil de l'Europe et la René Schickele-Gesellschaft - Culture et Bilinguisme d'Alsace et de Moselle. Les langues française et allemande connaissent une véritable parité (13 heures) et ces classes doivent aboutir à un véritable bilinguisme.

L'école publique propose maintenant un enseignement de l'allemand en dernière année de maternelle (5 ans), à partir de 6 ans dans quelques écoles élémentaires. 6 heures hebdomadaires sont prévues en théorie dans ces expérimentations. Et 4 classes maternelles avec 13 heures d'allemand.

La demande sociale se fait de plus en plus pressante. L'enseignement efficace de et en allemand pour aboutir à un véritable bilinguisme populaire n'est pas encore vraiment accepté dans l'Education nationale.

Existe-t-il un bilinguisme administratif ?

La correspondance, les relations avec l'administration, aux guichets par exemple, se font en français. Des fonctionnaires, mais à leur propre initiative, accueillent des germanophones dans leur langue.

Le département du Haut-Rhin a incité ses fonctionnaires à utiliser la langue régionale avec les administrés.

Seuls les formulaires des bouilleurs de cru en voie de disparition (Brennrechtsformulare) sont encore bilingues.

Lors des élections, les professions de foi des candidats sont bilingues, de même que certaines de leurs affiches électorales.

Des bulletins municipaux présentent, soit un résumé en allemand des articles rédigés en français, soit des articles rédigés en allemand (cf. "Strasbourg Actualités").

Des plaques de rues bilingues

Certaines Communes ont installé de telles plaques dans une partie de leur territoire, souvent dans le centre historique.

Fréquemment, ce sont des plaques bilingues, français/dialecte, mais il existe aussi des plaques en allemand. Après une "action-pirate" de plaques bilingues, Strasbourg a placé des inscriptions bilingues (français-dialecte) taillées dans du grès rosé. La ville possède aussi quelques panneaux d'information bilingues ou trilingues. Pour dénommer un lotissement, certaines Communes gardent le nom du lieu-dit.

Quelques Communes ayant des plaques bilingues: Kappelen, Lutterbach, Huningue, Ingersheim, Walbach, Munster, Colmar, Mulhouse.... dans le Haut-Rhin.

Kintzheim, Sélestat, Sundhouse, Erstein, Mittel-ber-gheim, Geispolsheim, Goxwiller, Schiltigheim, Strasbourg, Kuttolsheim, Morsbronn.... dans le Bas-Rhin.

S'isch e défaut....

Que se passe-t-il avec des dialectes qui, coupés artificiellement de leur langue standard, se trouvent face à une langue dominante, en position de monopole, le français?

"Le dialecte perd de plus en plus la prodigieuse force d'assimilation qui l'a caractérisé pendant de longs siècles. Chaque terme français qui se glisse dans notre vocabulaire chasse l'équivalent dialectal. Nous adoptons des tournures spécifiquement françaises, les fautes de grammaire deviennent de plus en plus fréquentes. Le mélange des langues est une maladie insidieuse qui, peu à peu, vide le dialecte de sa substance et le prive de sa raison d'être. C'est une maladie qui nous menace tous : "S'isch e défaut vun dem m'r sich net facilement corriger kann" (ou "am Lundi isch Ecole") Se réjouir, dans ces conditions, que l'alsacien ne soit plus contaminé par le Hochdeutsch, c'est estimer qu'un petit rhume de cerveau est plus grave que la phtisie galopante dont notre langue risque d'être la victime. Contrairement au français, l'allemand enrichit et structure notre dialecte. Nos voisins suisses sont beaucoup mieux placés sous ce rapport. A Bâle, à Berne et à Zurich, chaque enfant apprend l'allemand dès son entrée à l'école primaire. La connaissance approfondie de la langue littéraire charpente, consolide et diversifie celle du dialecte que nos amis suisses parlent de préférence, même à un haut niveau". Charles Stauffer L'Alsacien et son dialecte 1979

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Les luttes linguistiques

Ce titre d'un livre d'Eugène Philipps a été repris par Pierre Klein dans l'ouvrage "L'Alsace" (Ed. d'Organisation. 1981)

"L'annexion de l'Alsace à la France ne modifia pas sa situation linguistique pour l'immédiat. L'Ancien Régime avait d'autres préoccupations et menait 'bien plus des luttes politiques et religieuses que linguistiques dans les territoires nouvellement conquis. Il est même remarquable que Louis XIV ait permis le repeuplement de l'Alsace qui avait perdu 40% de sa population pendant la Guerre de Trente Ans par des populations venues de Bavière, d'Autriche et de Suisse.

Mais le problème linguistique et culturel alsacien et les luttes linguistiques qui furent menées et sont encore menées trouvent leur origine dans cette annexion. Comment aurait-il pu en être autrement pour ce peuple alsacien rattaché à un pays qui connaissait déjà une longue tradition de centralisme et une politique d'oppression linguistique (Edit de Villers-Cotterêts, 1539) en faveur de la langue du roi (le francien d'Ile-de-France).....

C'est de la Révolution française que date en fait le début des luttes linguistiques menées du côté français en Alsace. A cette époque 3 à 4% de la population alsacienne possédait la langue française...En 1793, l'abbé Grégoire note dans un rapport à la Convention que trois millions de personnes seulement sur une population de 26 millions de Français, possédaient véritablement la langue française. Le grand souci des révolutionnaires jacobins sera de mettre fin à cette situation, bien plus pour assurer l'uniformisation linguistique de la France, que pour mieux assurer les idéaux révolutionnaires. Et la langue française devint un facteur de nationalisation des peuples de France selon le principe: une nation, une langue. Jadis il fallait posséder la religion d'Etat, mainte¬nant il faudra posséder la langue d'Etat et l'emploi de toutes les autres deviendra suspect: "le fédéralisme et la superstition parlent bas-breton, l'émigration et la haine de la République parlent allemand, la contre-révolution parle italien" (Barrère).

Mais les réactions ne se firent pas attendre....des Alsaciens, conquis à la France par les idéaux révolutionnaires, mais voulant rester fidèles à eux-mêmes (se manifestent)....

En 1825, le français devient unique langue d'enseignement au gymnase protestant de Strasbourg et en 1853 dans toutes les écoles primaires (l'allemand étant enseigné 35 minutes par jour). Progressivement l'allemand sera relégué dans un état marginal tant à l'école que dans la vie publique...

Nous sommes (vers 1850) en pleine crise des nationalismes: les Allemands renversant la thèse des révolutionnaires français, "une nation, une langue" commencent à revendiquer l'Alsace et la Lorraine selon le principe "soweit die deutsche Zunge klingt". A quoi Jules Michelet répondit dans "la France devant l'Europe" (1871) que l'Alsace n'est pas de langue allemande et qu'elle n'a qu'un patois germanique.

Oubliant par là que les Alsaciens, s'ils parlaient certes des dialectes allemands, s'étaient toujours servis de l'allemand littéraire, non seulement pour la communication écrite mais également dans les cultes, dans les arts et traditions populaires, le chant, la littérature, à l'école... Le caractère allemand des dialectes est lui-même remis en question.....

En 1871, l'Alsace est annexée par l'Allemagne, et bien entendu les nationalistes allemands suivront la même logique et si le français reste provisoirement enseigné à l'école primaire, il en sera totalement proscrit en 1888. Bien sûr l'Alsace n'était pas de langue exclusivement française, mais celle-ci y avait accompli des progrès notoires. Employée à côté de l'allemand par la classe bourgeoise de même que dans le monde des lettres et des arts, elle appartenait au patrimoine linguistique et culturel alsacien, au même titre que la langue allemande. Ce n'est pas cultiver le goût du paradoxe que d'affirmer qu'après 12 siècles d'appartenance au monde politique allemand et deux siècles d'appartenance au monde politique français, l'Alsace avait droit aux deux langues et aux deux cultures...

Cependant la langue française resta enseignée dans les écoles primaires des villages francophones et employée dans la presse, les arts et partiellement dans la vie publique.

Après le retour à la France en 1918, c'est évidemment et toujours selon la même logique, la langue allemande qui se retrouva sur la sellette. C"est ainsi ainsi que M. Coulet, premier recteur d'académie à Strasbourg déclara en 1918: " L'école a le devoir de veiller à ce que les enfants oublient chaque jour un mot d'allemand et apprennent à la place un nouveau mot de français... et le recteur Charlety en 1927, parlant des revendications linguistiques des populations alsaciennes et lorraines "On n'élève pas un peuple en lui cédant...". Mais sous la pression populaire, l'administration dut céder et selon les arrêtés Poincaré-Pfister, l'allemand fut enseigné à l'école primaire à partir du deuxième semestre de la deuxième année scolaire à raison de trois heures par semaine.

De 1940 à 1945, l'Alsace est à nouveau annexée par l'Allemagne et le français se voit non seulement banni de l'école primaire, mais également de toute vie publique et privée.

En 1945, après le retour à la France, un arrêté rectoral supprime "provisoirement" l'enseignement de l'allemand "pour permettre au français de regagner le terrain perdu". Il ne sera en fait véritablement réintroduit (au cours moyen) qu'à partir des années 1972.....

Mais les mesures de 1945 concernant l'école devaient être accompagnées d'autres mesures relatives à la vie publique. L'épuration politique fut en effet accompagnée par une lutte à long terme contre le caractère germanique de l'Alsace: francisation progressive de la presse, de la radio, du cinéma, de la littérature, de l'administration, des pouvoirs publics et judiciaires.

Dès lors l'allemand devait être considéré comme une langue étrangère et l'on s'évertua dans les décennies qui suivirent à faire croire aux Alsaciens que leurs dialectes n'avaient rien à voir avec l'allemand littéraire. Ainsi, privés de la langue de culture, de référence ou langue "mère", ils étaient condamnés à se dénaturer, à s'appauvrir et à perdre toute utilité..."
 
Des personnes, souvent de bonne foi pensent et affirment que les dialectes alsaciens et l'allemand standard n'ont rien de commun, au plus quelques vagues ressemblances. Pour eux, ils apparaissent comme deux systèmes linguistiques différents. Il n'en est rien. A regarder le vocabulaire, la grammaire (accords, les temps, les adjectifs possessifs, etc.), la construction de la phrase sont identiques. D'ailleurs si 80 % du vocabu¬laire de deux parlers sont identiques, il s'agit de deux parties d'une même langue. Ces développements linguistiques n'ont rien à voir avec la citoyenneté.


ELSÄSSISCH, LOTHRINGER PLATT UNO HOCHDEUTSCH

Immer wieder muß man hören, daß Leute behaupten, unsere Dialekte seien kein Deutsch, Hochdeutsch sei bei uns eine Fremdsprache. Gewiß wird Hochdeutsch bei uns mehr und mehr fremd, da es kaum gelehrt und in der Öffentlichkeit verwendet wird. Aber die Tatsache, daß viele sich deutsche Unterhaltungssendungen anhören, beten, Lieder singen, Zeitungen lesen, zeigt doch, wie natürlich Deutsch bleibt. Dies kann man aber auch anders untersuchen, nämlich mehr vom wissenschaftlichen Standpunkt her, von Grammatik, Wortschatz und Satzbau, wie es Recteur d'Académie Deyon seinerzeit getan hat...

Der Wortschatz

Da ist am einfachsten festzustellen, wie unsere elsässischen und Lothringer Dialekte deutsche Dialekte sind. Man muß dabei allerdings beachten, daß in der Aussprache, namentlich im Alemannischen - im Fränkischen Lothringens weniger - die Aussprache vielfach seit dem 12. und 13. Jahrhundert ziemlich unverändert geblieben ist, denn unsere südlichen Dialekte haben die Bewegung zum Zwielaut nicht mitgemacht. Darum heißt es bei uns das "Hüs", wie vor tausend Jahren schon, damals im ganzen deutschen Sprachgebiet, und heute noch im Plattdeutschen des Nordens und im Kölner Dialekt. Hüs wurde sonst zu Haus. Das nur als Beispiel.

Ob Familie, Vater, Mutter, Bruder, Schwester..., ob Zahlen eins, zwei, drei, vier, fünf, ob Himmel und Erde, Sonne, Mond und Sterne, Wald, Mensch, Tier (Hund, Katze, Schaf, Huhn), ob Zeitwort (Verb), singen, tanzen, springen, fischen, ob Farben, weiß, blau, grün, rot, ob heiß oder kalt, der Wortschatz ist im Dialekt derselbe wie im Hochdeutschen. Mal fehlt ein Wort im Hochdeutschen, wie "latz, dalwe, Zwahl", mal im Dialekt, das bedeutet nicht viel. Verkleinerungsformen (Haus-Häuslein oder Häuschen) gibt es im Deutschen in zwei Formen ("lein" und "chen"), die alemannischen Dialekte ziehen das "lein" vor ("le oder el", "Hisle oder Hiesel"), das Lothringer Platt das "chen". Wie im Hochdeutschen gibt es drei Geschlechtsformen: männlich, weiblich, sächlich, d'r Mann, d'Frau, s'Kind. Eine besondere Eigenheit unserer Sprache, egal ob Hochdeutsch, Elsässerdeutsch oder Lothringer Platt, ist die Möglichkeit nach Bedarf Wörter zusammenzusetzten. Dabei gibt es bestimmte Regeln, nach denen der Sinn dieser Wörter sich richtet, je nachdem das eine oder das andere der beiden Wörter als erstes steht. Der "Apfelkuchen" ist eine bekannte, Obstkuchenart, der "Kuchenapfel" ist ein Apfel, der sich für Kuchenbacken besonders eignet. Die Regeln sind in beiden Sprachformen haargenau dieselben.

Grammatik

Auch hier ist die Ähnlinchkeit auffalend. Zwar gibt es Leute, die meinen, es gebe im Dialekt keine Grammatik. Sie haben noch nie überlegt, was sie eigentlich zu der oder jener Redeweise innerlich zwingt. Ob eine Grammatik geschrieben ist oder nicht, sie ist da. In beiden Fällen gleich zwingend. Kein Mensch würde im Dialekt sagen : "Ich bin (oder wie viele Lothringer sage "ich sin") in de Wald". Jeder weiß, daß man sagen muß : "ich bin im Wald" und "ich geh in de Wald". Jeder weiß, daß man sagen muß : "Ich geh üwer d'Bruck" und "ich bin uff de Bruck". Und so weiter mit den anderen Verhältniswörtern (prépositions).

Die Zeitwörter (Verb) : Im Dialekt gibt es wie im Hochdeutschen zwei Arten der Verben, die starken und die schwachen. In unsern Dialekt fehlt allerdings der Imperfekt, mit Ausnahme des Verbums "sein" im Fränkischen (Weißenburg, Lothringen). Mit ganz wenigen Ausnahmen sind im Dialekt dieselben Verben stark oder schwach wie im Hochdeutschen. Starke Verben mit Änderung des Vokals (voyelle) im Partizip sind zum Beispiel : singen (sang) gesungen ; springen (sprang) gesprungen; gehen (ging) gegangen; fahren (fuhr) gefahren; helfen (half) geholfen usw... Bei schwachen Verben bleibt das Vokal unverändert, dafür kommt ein "t" ins Spiel : drücken (drückte) gedrückt; beten (betete) gebetet; (aber bitten, bat, gebeten also stark); spielen (spielte) gespielt, schaffen (schaffte) geschafft usw...

Auch die Konjugation ist praktisch dieselbe. Nur im Präsenz gibt es bei der zweiten Person der Mehrzahl auf Hochdeutsch ein "t", das im Dialekt fehlt : Ihr geht (ehr gehn), Ihr singt (ehr singe). Wie auf Hochdeutsch wird der Perfekt (passé composé) mit einem Hilfswort gebildet (im französischen übrigens auch). Es ist das selbe Hilfsverb wie im Hochdeutschen : "ich habe gesungen", "ich bin gegangen". Das Futurum wird in beiden Sprachformen mit dem Hilfsverb "werde" gebildet (im Dialekt "wurr" oder "werr"), oft allerdings durch ein Adverb ersetzt : "Ich komme gleich" oder "später".

Das Adjektiv (Eigenschaftswort) spielt dieselbe Rolle im Dialekt wie im Hochdeutschen. Es kann auch als Adverb benutzt werden. "E langer Stock" (Adjektiv), "Ich hab lang warte muen" (oder "mieße"). Komparativ und Superlativ sind dieselben wie im Hochdeutschen, wenn sie regelmäßig sind : groß, größer, am größten, aber auch wenn sie unregelmäßig sind : "gut, besser, am besten".
Das Adjektiv possessif (Eigenbesitzbeiwort) lautet, außer in der Weißenburger Gegend wie schon im Mittelalter "min, din, sin" und hat sich seitdem so erhalten, die Bewegung zum Zwielaut haben wir nicht mitgemacht, wie hier auch die Kölner Gegend und das norddeutsche Platt nicht.

Das Pronomen "ich, du, er" ist dasselbe wie im Hochdeutschen, nur das "wir" kennen unsere Dialekte nicht, so wenig wie die übrigen oberdeutschen Dialekte, in denen es, wie bei uns, "mir" heißt. Das Relativpronomen "der, die, das" neigt bei uns zum Verschwinden. Ein Elsässer sagt leichter "wo" : de Mann, wo ich gsahn ab", eine Eigenart bei den vielen Ähnlichkeiten.

Der Satzbau

Das wohl schwierigste für den Andersprachigen ist im Deutschen der Satzbau. Darin eine besondere Schwierigkeit : die Stellung des Zeitworts (Verb), und da wiederum die Stellung der einzelnen Wortteile, wenn das Verb ein zusammengesetztes Wort ist. Nehmen wir als Beispiel das Zeitwort "fortgehen". Wann heißt es 'Ich gehe fort" (das Wort wird getrennt), wann heißt es "Ich bin fortgegangen" (das Wort wird nicht getrennt). Und wo soll ich im Satz das Verb oder das Wortteil "fort" hinstellen"? Oft ans Ende meines Satzes. Elsässer und Lothringer tun das automatisch richtig. Das spürt man halt. Auch die Stellung des Partizips ist schwierig : "Es hat mich sehr interessiert" und nicht "Es hat mich interessiert sehr". Auch das spürt ein jeder im Dialekt wie in der Hochsprache. Bemerkenswert ist auch, wie unsere Dialekte nicht nur im allgemeinen die Regeln des Deutschen beobachten, sondern wie sie es auch bis in Einzelheiten und Ausnahmen tun.

Zum Beispiel : Nur bei ganz wenigen Verben steht im Hochdeutschen, genau wie in den Dialekten, in der dritten Person des Präsenz kein "t" am Schluß. Es sind Verben wie "ich kann, ich soll, ich muß, ich darf". So sagen wir "er kann, er will, er darf (sonst heißt es : "er singt, er spricht, er geht, er schafft" usw...).

Auch hier stimmen sogar bei einer Regelausnahme Dialekt und Hochdeutsch miteinander überein. Übrigens, das bei uns so häufige Wort "ich darf", fehlt im Französischen ganz, wie ja auch die Wörter für "stehen, liegen, sitzen, knien"...
Wollte man alle Übereinstimmungen zwischen den Dialekten und dem Hochdeutschen anführen, so müßte man ein ganzes Buch darüber schreiben... L'ami du Peuple/Volksfreund 15.3.1992


ELSÄSSERDEUTSCH UND LOTHRINGER PLATT IM GESAMTEN SPRACHRAUM

Normalerweise spricht ein Elsässer Elsässerdeutsch, ein Deutschlothringer Lothringer Platt, soweit er nicht in einer Gegend wohnt, in der Alemannisch gesprochen wird (zum Beispiel in der Gegend von Sarrebourg/ Saarburg). Weder Elsässerdeutsch noch Platt sind aber genau umgrenzte Sprachformen, wie etwa Französisch oder Hochdeutsch, die beide genau geregelt sind durch die Académie française und durch die Regelung des Theaterdeutschen, beides in offiziellen Grammatiken nachzulesen. Elsässerdeutsch hat drei Grundformen, die sprachlich-wissentschaftlich allgemein bekannt sind, nämlich von Sud nach Nord das hochalemannische Sundgauelsässisch, das Niederalemannische von Mülhausen bis Hagenau, wobei man unterscheiden muß zwischen Ober- und Unterelsässisch, und das fränkische Elsässisch der Weissenburger Gegend. Dazwischen allerlei Übergangszonen und auch gegenseitige Beeinflussungen, zum Beispiel ist das alemannische Straßburgerdeutsch stark vom Fränkischen beeinflußt. Dabei versteht man sich von Sud nach Nord im allgemeinen sehr gut, mit Ausnahme von wenigen Ausdrücken. Vom Lothringer Platt gibt es zwei Grundformen: das Rheinfränkische im Osten bis gegen Bouzonville, das Moselfränkische von da westlich, dem Luxemburger Platt sehr ähnlich. Erinnern wir daran, daß Karl der Große Fränkisch sprach.

Grenzüberschreitende Ähnlichkeiten

Dabei stehen das Elsaß und Lothringen sprachlich keineswegs isoliert da. Auch die Schweizer reden hochalemannisch wie die Sundgauer, mit verschiedenen Abstufungen, und ebenso die Südbadener wie zum Beispiel die Lörracher. Im Vorarlberg (Österreich) wird auch alemannisch gesprochen. Weiter nördlich spricht man, wieder mit verschiedenen Abstufungen, Niederalemannisch im Badischen, so daß ein Nichtdeutschsprachiger, etwa ein Innerfranzose, nicht unterscheiden kann zwischen Elsässerdeutsch und Badenerdeutsch. Im nördlichen Baden und in der Pfalz spricht man Rheinfränkisch wie in Weißenburg. Längs der lothringisch-deutschen Grenze stellt man dasselbe fest. Von Ost nach West geht man beiderseits der Grenze vom Rheinfränkisch zum Moselfränkisch über, das schon in der Trierer Gegend üblich ist und bis nach Luxemburg herrscht, wo es als offizielle Landessprache gilt. Man findet es auch noch in Belgien in der Areler Gegend.

Diesseits der Grenze haben sich allerdings sehr viele Ausdrücke aus dem Französischen eingebürgert, so die Höfflichkeitsformeln, die Begrüßungsworte, vielfach die Datumsbezeichnungen usw... Aber die sprachliche Grundstruktur ist unverändert geblieben, das Verständnis beiderseits ist total. Das gilt auch für die weiter entfernten Gegenden.

Der Elsässer versteht mühelos den Schwaben, der Lothringer den Koblenzer und Kölner. Das merkt man an der Beliebheit deutscher Unterhaltungssendungen am Fernsehen, wo oft im Dialekt gesprochen oder gesungen wird, auch bei baierisch-österreichischen Sendungen, die noch viel verschiedener sind, bei denen allerdings gelegentlich Verständnisschwierigkeiten auftreten. Wirkliche Schwierigkeiten bietet für uns das norddeutsche Platt. Das gilt aber sicher auch für den Baiern.

Hochdeutsch

Ja, kommt Hochdeutsch in Deutschland überhaupt nicht vor? Doch natürlich : In allen Schulen, in allen allgemeindeutschen kulturellen Einrichtungen (Fernsehen, Kino, Theater, Zeitungen, Kirchen usw.), in Politik, Wirtschaft, Wissenschaft usw., wobei in jeder Gegend der lokale Dialekt aufs Hochdeutsche mehr oder weniger abfärbt. Bei uns hingegen ist auf den meisten Gebieten das Französische an die Stelle des Hochdeutschen gerückt, so daß sich ein Abfärben höchstens noch im Accent zeigen mag, und da auch immer weniger. In der Schweiz dagegen ist die Trennung zwischen Dialekt und Hochdeutsch sehr scharf. Hochdeustch hört man dort kaum, obwohl es die Schulsprache, Kino-Theater, Zeitungs- und weitgehend Kirchensprache ist.

Ist Hochdeutsch nirgendwo zuhause ? Nein. Es ist aus praktischen Gründen entstanden, und zwar in den zahlreichen Kanzleien des Mittelalters, einschließlich der elsässischen. Es erschien notwendig bei den zahlreichen zwischenstaatlichen Beziehungen und auch im Verkehr mit der kaiserlichen Kanzlei, sich gegenseitig anzupassen und gemeinsame Regeln zu beobachten. Diese Entwicklung war schon ziemlich weit gediehen, als die Buchdruckerkunst 1445 erfunden wurde. Trotz Beibehaltung der lokalen Sprachformen zeigten sich die Drucker doch der Notwendigkeit eines größeren Leserkreises nicht verschlossen. Zunächst setzten sich die oberdeutschen Sprachformen stärker durch, weil hier in Straßburg, Basel, Mainz, Augsburg usw. der Buchdruck stärker entwickelt war. Die plötzliche riesige Verbreitung der Lutherbibel, des wortgewaltigen Werkes im mitteldeutschen Kanzleideutsch, verlagerte aber das Gewicht weiter nach Nord-Osten.

Die danach überall entstehenden Schulen, die umfassende reformatorische und gegenreformatorische Literatur, die massenhaft entstehenden Kirchenlieder, trugen zur Verbreitung dieser allgemein deutschen Sprache sehr viel bei auch dort, wo die Reformation fast gar keinen Zutritt fand wie in Lothringen.

Von nun an galt es als ausgemacht, daß das Deutsche überall zwei Formen hatte, die lokale, dialektale Umgangssprache und die allgemeingültige Schriftsprache Hochdeutsch. Ähnlich wie im damaligen Frankreich jede Region ihre Sprache, einen französischen Dialekt (picard, wallon, champenois usw...) oder eine fremde Sprache hatte (Bretonisch, Baskisch; Okzitanisch), dabei aber die "Langue du Roy" zu verwenden hatte, die allerdings mit Gesetzesgewalt durchgesetzt wurde (Edit de Villers-Cotterêts, 1539), was in Deutschland unterblieb.

Das Ansehen des Hochdeutschen war im Volk, bei aller Liebe zum eigenen Dialekt, immer groß. So zeigt zum Beispiel das große Sammelwerk von Lothringer Volksliedern "Verklingende Weisen" von Louis Pinck, mit Liedern, die vor 1870 in Lothringen gesungen wurden, daß das Volkslied mit ganz wenigen Ausnahmen hochdeutsch gedichtet worden ist.

Das gilt, zumindest für das Kirchenlied, auch im Elsaß, wo der Liederschatz fast ausnahmslos mit dem allgemeinen identisch ist. "Das Volkslied im Elsaß" von Joseph Lefftz erlaubt auch die gleichen Schlussfolgerungen. Man denke an die Beliebtheit der Weihnachtslieder, oder an das Weihnachtsspiel von Thann, an die Singabende da und dort auch heute noch.

Gefährdung des Dialekts durch Hochdeutsch ?

Zweifellos beeinflusst das Hochdeutsche die Dialekte, wohl mehr im Wortschatz als in der Grammatik und in der Aussprache. Abgesehen von der Formenlehre ist die Grammatik dieselbe. Die Vermehrung des Wortschatzes ist eine Notwendigkeit, wenn der Dialekt nicht hoffnungslos zurückbleiben soll. Vielmehr wäre Hochdeutsch gerade eine Garantie für die Erhaltung der Grammatik und des Satzbaues. In manchen Gegenden Deutschlands hat die Hochsprache die lokale Sprache tatsächlich weitgehend verdrängt, so in den norddeutschen Plattgegenden. Daß diese Gefahr für den Dialekt bei uns vom hochdeutschen Unterricht ausgehen könne, ist ausgeschlossen. Das zeigt die deutsche Schweiz zur Genüge. Die Gefahr für den Dialekt kommt bei uns vom Französischen. Im Wortschatz zunächst, das merkt ein jeder an sich selber. Wie oft fällt einem der deutsche Ausdruck nicht gerade ein, der französische steht parat, jedermann versteht ihn, er kommt über die Lippen, man gewöhnt sich daran und vergisst alsbald den deutschen.

Die Grammatik, der Satzbau, Deutsch überhaupt, wird durch das Französische massiv und völlig verdrängt, wie uns die heutige Schuljugend zeigt. Nur eine echt zweisprachige Erziehung kann diesen Verlust verhindern, gepaart mit einer erneuerten Verwendung des Elsässerdeutschen und Lothringer Platt in der Öffentlichkeit, des Hochdeutschen in Kultur, Schrift und Kirche.

Nicht zufällig entstand die Feststellung von H. Deyon, des ehemaligen Recteur d'Académie de Strasbourg: "Es gibt nur eine wissenschaftliche Definition der regionalen Sprache des Elsaß: es sind die elsässischen Dialekte, deren schriftlicher Ausdruck, das Hochdeutsche ist. Hochdeutsch ist also eine der regionalen Sprachen Frankreichs." Und Herr Mesliand, Recteur d'Académie de Nancy-Metz schreibt: "Deutsch ist die Referenzsprache der Lothringer Dialekte, ist für die Dialektsprechenden eine echte Regionalsprache".     L'Ami du Peuple/Volksfreund 2.2.1992

 


 

CARTE DES DIALECTES REGIONAUX DE FRANCE

CARTE DES DIALECTES REGIONAUX DE FRANCE

 

 

  LE BRETON  
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  LE BASQUE  
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  LE LOTHRINGA PLATT  
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  LE CORSE  
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Der elsässische Dialekt im 21. Jahrhundert

 Dialekte

 

Der elsässische Dialekt im 21. Jahrhundert, Tanja Geminn, 2010

Beschreibung: Diese Magisterarbeit "Der elsässische Dialekt im 21. Jahrhundert" hat zum Ziel, die aktuelle sprachliche Situation in einem Teil des Elsass zu ermitteln. Dazu wurden in drei Städten des Bas-Rhin Untersuchungen anhand von Fragebögen durchgeführt, deren Auswertungen Aufschluss über die Zukunft der im Elsass vorhandenen Sprachen gaben. Die Resultate der Auswertungen sind sehr interessant, da sich darin die veränderten politischen, aber auch kulturellen Bedingungen der heutigen Zeit spiegeln. Denn die Zeiten haben sich geändert und andere Faktoren bestimmen die gegenwärtige sprachliche Situation. Einflußreiche Denkanstöße durch die Europäische Union wie z.B. die Charta für Regionalsprachen sowie neue wirtschaftliche, politische und kulturelle Aspekte scheinen die Vergangenheit langsam aber sicher in Vergessenheit geraten zu lassen. Gerade heute ist das Elsass mehr denn je in Bewegung. Es gibt Schulklassen, die aufgrund dialektophoner Basis Deutsch lernen. Immer mehr Menschen interessieren sich für ihre Traditionen und lassen sie z.B. durch das Theater oder durch elsässische Literatur wieder aufleben. Es werden Interessengemeinschaften und Verbände gegründet, die es sich zum Ziel gesetzt haben, das Elsass und seinen Dialekt nicht in Vergessenheit geraten zu lassen. All diese Faktoren haben zur Folge, dass sich viele Elsässer wieder auf ihre eigene Geschichte, ihr Brauchtum und ihre sprachlichen Wurzeln besinnen. Die junge Generation wächst in einem ganz anderem Umfeld und unter veränderten Bedingungen auf als ihre Eltern oder Großeltern. Dennoch sollte trotz dieser scheinbar guten Ausgangslage nicht vergessen werden, dass das Elsass und seine Sprachen selbst heute noch enorm durch die Geschehnisse des 20. Jahrhunderts belastet ist, da es zwei Weltkriege, vier Staatsangehörigkeitswechsel in 75 Jahren und vier diametral entgegengesetzte Sprachen- und Bildungspolitiken durchmachen musste, wobei die sprachliche Komponente damit nicht immer Schritt halten konnte (vgl. Hartweg 1981, 98). Daher wird vom 1.-3. Abschnitt dieser Arbeit ein Blick zurück in die elsässische Vergangenheit geworfen.


Das Aussterben des Elsässisch - die Entwicklung des Dialektes im bilingualen Elsass, Tanja Geminn, 2007

Beschreibung: Bilingualismus und Frankophonie klingt zuerst sehr paradox da es in Frankreich eigentlich nur eine offizielle Sprache gibt. Dies ist aber nur eine Halb-Wahrheit. Denn in Frankreich existieren noch sehr viele Dialekte, die fester Bestandteil der französischen Sprachlandschaft sind. Daher wirft diese Hauptseminararbeit im theoretischen Teil einen Blick auf Begriffe wie z.B. Bilingualismus, Trilingualimus, Diglossie und Triglossie. Anschließend wird auf die Geschichte des Elsass und seinen Dialekt eingegangen. Plus


Das Elsässische - Eine soziolinguistische und sprachenpolitische Untersuchung, Juliane Müller, 2010

Beschreibung: Sprache ist in Frankreich schon immer Staatsangelegenheit gewesen. Neben der Nationalsprache Französisch wird innerhalb des Staatsgebiets eine große Anzahl an weiteren Sprachen gesprochen, darunter befinden sich sowohl romanische Sprachen, germanische Varietäten, eine keltische als auch eine nichtindogermanische Sprache. Dazu kommen einige Kreolsprachen in den Überseegebieten. Seit 1969 ist besonders in Frankreich die Tendenz zu beobachten, dass die Bevölkerung immer mehr den Wunsch verspürt, ihre Regionalsprachen zu schützen und zu fördern. Doch die französische Verfassung erkannte erst 2008 den offiziellen Status der Regionalsprachen an. Allerdings nicht im berühmten Artikel 2 „la langue de la république est le français“, sondern in einem neueingeführten Artikel 75, der lautet: „Les langues régionales appartiennent au patrimoine de la France.” (Loi constitutionnelle n°2008-724 du 23 juillet 2008, Article 75-1). Die Regionalsprachen sind der Nationalsprache also eindeutig untergeordnet und dementsprechend sind sie vom Aussterben bedroht. Empirisch bewiesen ist, dass immer weniger junge Menschen ihre Regionalsprache sprechen und sie zudem immer weniger gut lernen. Außerdem lässt sich eine massive sprachliche Substitution erkennen. Von diesem Phänomen sind viele mehrsprachige Gebiete betroffen. Die Sprachwahl der Sprecher hängt von einem komplexen Gefüge aus historischen, politischen, sozialen und kulturellen Variabeln ab und somit kann der Staat durch massive sprach- und sprachenpolitische Maßnahmen sowohl die Sprachwahl als auch das Sprachbewusstsein einer Bevölkerung beeinflussen. Im Elsass existieren drei Sprach- und Kommunikationssysteme: die französische Nationalsprache, die hochdeutsche Standardsprache und die elsässischen Varietäten. Französisch nimmt bei dieser Konstellation die offizielle Prestigesprache, Hochdeutsch die mehrfach geschriebene und Elsässisch die überwiegend gesprochene Sprache ein. Dieses Sprachkontinuum lässt sich einerseits durch die geographische Lage und andererseits durch den geschichtlichen Hintergrund erklären. So hat das Elsass beispielsweise vier Mal innerhalb eines dreiviertel Jahrhunderts die Staatsangehörigkeit gewechselt und dabei haben sowohl die deutschen als auch die französischen Staatsherren versucht durch sprachenpolitische Maßnahmen in die Sprachgewohnheiten einzugreifen. Die Bilanz zu Beginn des 21. Jahrhunderts ist ernüchternd. Weniger als 40% der erwachsenen Bevölkerung sprechen noch Elsässisch. « Moins

 

Germanische Sprachvarietäten: Elsässisch - Ein allemannischer Dialekt in Frankreich, Liane Weigel, 2004

Beschreibung: Neben Französisch als Nationalsprache, existieren im heutigen Frankreich auch Dialekte und mehrere Varietäten des Regionalfranzösisch. Mit fünf romanischen Sprachen, drei Varietäten der germanischen Sprachfamilie und einer keltischen Sprache, sowie einer nicht-indogermanischen Sprache kann Frankreich als Vielsprachenland betrachtet werden, in dem die Sprecher der sogenannten Minderheitssprachen heute in der Regel nicht mehr einsprachig, sondern gleichzeitig Sprecher des Französischen sind (Diglossiesituation). Elsässisch gehört zu den drei germanischen Sprachvarietäten und wird im Elsaß, d.h. in den Départements Haut- Rhin und Bas- Rhin und in einigen Gemeinden um Sarrebourg gesprochen. Das Elsaß selbst war bis in die Neuzeit Teil des Deutschen Reiches und wurde im 17. Jahrhundert von Frankreich nach und nach annektiert. Die hier von ca. 1,2 bis 1,8 Millionen Menschen gesprochene Mundart gehört innerhalb des Oberdeutschen zu den alemannischen Dialekten, wobei nach Coseriu ein Dialekt definiert wird als „ eine Sprache, die einer historischen Sprache als deren räumliche Varietät untergeordnet ist“ und sich somit von der Gemeinsprache unterscheidet 1 . Durch die Zugehörigkeit des Elsaßes zu Frankreich sowie die gleichzeitige Nähe zu Deutschland treten hier komplexe sprachliche Situationen auf (Triglossie: Elsässisch/Französisch/ Hochdeutsch) 2 . In der Gesellschaft des heutigen Frankreichs weichen französische Dialekte also auch das Elsässisch, immer mehr zurück. Bestrebungen zum Fortbestand des Elsässischen als Ausdrucksmittel eines eigenständigen kulturellen Altertums zeigen sich aber z.B. im Hinblick auf die Förderung des bilingualen Unterrichts in vereinzelten Schulen. Die vorliegende Ausarbeitung befasst sich bezüglich des Seminarthemas „Sprachkontakt“ mit den Eigenheiten des Elsässischen als Mundart, besonders im Vergleich mit dem Hochdeutschen, aber auch mit dem Französischen. Anhand der Gliederungspunkte (Fragenliste) soll mit Hilfe eines Transkriptes und des Auszuges aus dem elsässischen „Vater Unser“ auf zwanzig Merkmale Bezug genommen werden. « Moins